Salut au membre de REDIGEST, je vraiment intéressé par cette initiative, je m'appelle katcheba Eugène tamibe bachelier en 2023 de la série c. Je suis à la maison avec mon diplôme par manque de moyens pour les études, si vraiment je trouve la chance d'être parmi les personnes qui seront encadrés pour affronter le concours de la statistique je serai vraiment reconnaissant en vers vous
Bonjour, je suis KOUYA LOUDY du Gabon. Je bénis Dieu pour des telle initiative. Pourrai-je entrer en contact avec des moniteurs du Tchad?
Bonjour. J'aimerais savoir si l'ONG CNFA a un siège au Tchad. Je suis intéressé par les offres d'emploi de cette ONG. Merci
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Il faut le reconnaître, la décision du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation de faire certifier les diplômes de licence et de master obtenus dans les établissements privés d'enseignement supérieur n'est pas, en soi, une mauvaise nouvelle. Bien au contraire. Dans un système universitaire où la multiplication des établissements privés a parfois donné le sentiment que l'enseignement supérieur était devenu un marché comme un autre, le besoin de contrôle, de régulation et de garantie de la qualité est évident.
Après tout, un diplôme n'est pas un simple morceau de papier. Il est censé attester d'un niveau de connaissances, de compétences et de formation. Il engage celui qui le délivre et celui qui le détient. Il ouvre des portes, donne accès à des emplois, permet parfois de poursuivre des études et, surtout, constitue pour l'employeur une garantie minimale sur les compétences de son détenteur.
Mais une question mérite d'être posée : que signifie exactement certifier un diplôme ?
Certifier ne devrait pas simplement consister à apposer un cachet administratif sur un document présenté par son titulaire. La certification devrait être l'aboutissement d'un véritable processus de vérification : l'établissement était-il légalement autorisé à fonctionner ? La filière était-elle reconnue ? Les programmes respectaient-ils les normes académiques ? Les enseignants disposaient-ils des qualifications requises ? Les étudiants ont-ils réellement suivi le volume horaire prévu ? Les évaluations ont-elles été sérieusement conduites ? Les mémoires ont-ils été soutenus dans des conditions régulières ?
Voilà les vraies questions.
Car nous ne sommes tout de même pas dans une République où il suffirait de créer une école, d'y inscrire quelques dizaines ou centaines d'étudiants, de leur délivrer des attestations puis de demander à l'État, quelques années plus tard, de transformer ces attestations en diplômes crédibles.
Un diplôme ne devient pas sérieux parce qu'il porte le sceau de l'État. C'est la qualité de la formation qui doit d'abord le rendre sérieux.
Il faut donc saluer la volonté de remettre de l'ordre. Mais il faut surtout aller jusqu'au bout de la logique.
Si des établissements privés ont fonctionné sans respecter les normes, qui les a autorisés ? Qui les a inspectés ? Qui a validé leurs programmes ? Qui a laissé des générations d'étudiants y investir leurs économies, parfois celles de leurs parents, pendant trois, quatre ou cinq années ?
C'est ici que le problème devient beaucoup plus complexe.
Car derrière chaque diplôme se trouve un étudiant. Un jeune homme ou une jeune femme qui a consacré plusieurs années de sa vie à une formation, payé des frais de scolarité et construit son avenir autour d'un document qu'il croyait légitime.
Si l'établissement fréquenté était défaillant, l'étudiant ne peut pas être considéré comme le seul responsable du dysfonctionnement.
L'État ne peut pas fermer les yeux pendant la formation et ouvrir les yeux uniquement au moment de l'emploi.
C'est précisément là que doit se situer la responsabilité de la puissance publique.
Certifier les diplômes est donc nécessaire, mais cela ne doit pas devenir une opération punitive contre les diplômés. L'objectif devrait être double : protéger la crédibilité du système universitaire et protéger les étudiants qui en sont les premières victimes.
Il faut également éviter un autre piège : celui de croire qu'un simple test ou une procédure administrative peut, à elle seule, établir la valeur d'un parcours universitaire.
Un étudiant se juge certes à travers ses connaissances, mais également à travers son parcours, ses travaux académiques, ses stages, ses recherches, ses mémoires et les compétences acquises au cours de sa formation. Une évaluation ponctuelle peut être utile, mais elle ne saurait nécessairement résumer plusieurs années d'études.
Le véritable chantier est donc ailleurs : assainir durablement l'enseignement supérieur privé.
Il faut contrôler les établissements avant leur ouverture, contrôler leurs programmes, leurs infrastructures, leurs enseignants, leurs effectifs, leurs conditions d'évaluation et leurs pratiques de délivrance des diplômes. Il faut sanctionner les promoteurs qui transforment l'université en commerce et, surtout, ceux qui vendent à des jeunes l'illusion d'un diplôme.
Mais il faut également regarder du côté de l'administration.
Car les écoles douteuses ne poussent pas toujours spontanément comme des champignons. Elles existent souvent dans un environnement administratif où des autorisations, des agréments ou des signatures ont été délivrés.
La responsabilité ne peut donc pas s'arrêter au portail de l'établissement privé. Elle doit également remonter jusqu'aux bureaux où se prennent les décisions.
Il y a urgence, parce que ce que nous fabriquons aujourd'hui dans nos amphithéâtres, nos instituts et nos écoles finira nécessairement par se retrouver demain dans nos administrations, nos entreprises, nos hôpitaux, nos tribunaux, nos banques et nos écoles.
Un diplômé mal formé ne reste pas éternellement un étudiant mal formé. Il devient un professionnel.
Et c'est là que se mesure toute la gravité du problème.
Un mauvais système universitaire ne produit pas seulement de mauvais diplômes. Il produit de mauvais professionnels.
Alors oui, Monsieur le Ministre, certifiez les diplômes. Vérifiez-les. Contrôlez-les. Assainissez le secteur. Fermez les établissements qui ne répondent à aucune norme. Sanctionnez ceux qui ont transformé le savoir en marchandise.
Mais dans cette opération de nettoyage, n'oubliez pas ceux qui se trouvent de l'autre côté de la barrière : les étudiants.
Ils ne doivent pas être les victimes collatérales d'un système qu'ils n'ont pas créé.
L'État doit avoir le courage de faire le tri entre les diplômes sérieux et les diplômes douteux, mais il doit également avoir le courage d'assumer sa part de responsabilité lorsqu'il a laissé prospérer les dérives.
Car, en définitive, certifier un diplôme, c'est certifier une formation. Et certifier une formation, c'est engager la responsabilité de toute une nation sur la qualité de ceux qui construiront son avenir.
L'enseignement supérieur ne peut pas être une usine à diplômes. Il doit rester une fabrique de compétences.
Et entre les deux, il y a toute la différence entre un parchemin que l'on accroche au mur et un savoir que l'on peut réellement mettre au service de la société.
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